Les premiers Chantrainois et leurs activités
L'emploi
La commune a ses artisans et ses commerçants : le menuisier Holweck au chemin des Princes, le menuisier Diolez grande rue, l’ébéniste Lindenmann à Moscou, le boulanger Hissler aux Brosses, le boucher Dumont en bas des Brosses, le charron Leclerc à la Tranchée…
Monsieur Colin exploite une salle de danse au dessus des Brosses, monsieur Galosio en possède également une à Moscou. Nicolas Dieudonné est cabaretier à Moscou, Nicolas Beaudoin à la Tranchée, Henry Peureux tient le cabaret du Beau Désir. On compte 7 rentiers et 4 retraités, une seule personne sans emploi.
Nombreux sont les Chantrainois qui travaillent à Epinal, comme chapelier chez Kampmann (13 personnes), comme coloriste ou dessinateur chez Pellerin (12 personnes), comme ouvriers aux Grands Moulins…On y est aussi enlumineur, plâtrier, cocher, imprimeur ou employé de bureau. Les Forges avec ses moulins à grain, ses carrières, la forge Meline et sa tuilerie, offre également des emplois aux Chantrainois, ainsi que Golbey avec ses usines.
Le coût de la vie Un ouvrier gagne en moyen 3500 francs par an. Il consacre 60% de ses revenus pour la nourriture de sa famille. Un manouvrier lui, reçoit de 40 à 50 centimes de l’heure. L’instituteur des Brosses gagne 650 francs par mois, le secrétaire de mairie (à temps partiel) 225 francs par mois.
L’installation d’une ligne téléphonique revient à 200 F pour l’appareil auxquels il faut ajouter 30 F par centaine de mètres de fil, et 150 F d’abonnement annuel. Le crédit Foncier consent des prêts aux taux de 4,50%
L'école des Brosses Le 9 mai 1866, une demande de la mairie des Forges est présentée à Monsieur le Préfet pour la construction d’une école mixte aux Brosses. Celle-ci est construite l’année suivante. La même année, le conseil municipal vote des centimes pour rendre l’instruction obligatoire dans les écoles de la commune.
L’école est agrandie. Il y a désormais une école de garçons et une école de filles aux Brosses. Les maîtres sont embauchés à chaque rentrée scolaire et payés en fonction du nombre d’élèves. La loi du 16 juin 1881 rend l’école gratuite. Celle du 28 mars 1882 impose des programmes laïques et l’obligation scolaire aux enfants âgés de 6 à 13 ans. A la naissance de la commune de Chantraine, , les écoles des Brosses accueillent 139 élèves : Au cours du mois de mars 1892, on relève 466 demi-journées d’absence. Les deux principaux motifs invoqués étant la maladie et l’éloignement par mauvais temps. Le bâtiment des écoles sera agrandi en 1895.
Les loisirs
A la Camerelle, guinguette en lisière de forêt, on s’y rend pour boire, rire et danser, on y trouve aussi des jeux de plein air : croquet et balançoires pour l’amusement des enfants et la plus grande tranquillité des parents. Dans la vallée d’Olima, le café-restaurant « Le Beau Désir » offre les mêmes avantages, plus si l’on désire le repas de midi.
L’hiver, le samedi soir, on se rend à la veillée chez des parents ou amis et le dimanche on va patiner sur l’étang dès qu’il est gelé. Comme on le voit, ces gens simples ont des goûts simples et peu onéreux mais ils prennent le temps de vivre et si en semaine, il faut travailler dur, le dimanche est vraiment le jour du calme et des loisirs, urbains ou agreste mais toujours de bienfaisante détente.
Les affaires militaires
Le choix de la position ou du site de Chantraine dès 1885 est assez aisé à comprendre. De vaste espaces disponibles, avant l’urbanisation, peu cher, dans un relief suffisamment tourmenté avec des vallées étroites et profondes pour dissimuler des bâtiments militaires. Une altitude relative élevée permettant la liaison optique, et surtout une position centrale par rapport au périmètre des forts. C’est en fonction de ces facteurs que l’on commence à construire en 1885, puis de manière presque continue jusqu’en 1913. Chantraine concentre sur son territoire la plus grande densité de magasins à poudres, dissimulés dans les vallées boisées avec des galeries creusées dans le grès. Point haut de la place, Chantraine possède deux installations de communication optiques depuis 1891. Le poste optique de la Cense Billot et celui de jean Clément. En 1908, on installe à la Cense Billot, les quatre grands pylônes supportant l’antenne nappe pour le poste radiotélégraphique de la place, en liaison avec la Tour Eiffel, et visible de partout. Les grandes casernes dites de Chantraine, bien que situées sur le territoire d’Epinal, sont attachées par la vie de garnison à l’animation et au commerce Chantrainois. En 1893/1895 construction de la caserne de Courcy et du quartier de Reffye. C’est à Courcy qu’était le fameux 149 ème RI et à Reffye le 62 ème RA. C’est de là que les Chantrainois et Spinaliens sont partis en grand nombre à la guerre de 1914.
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