Les anecdotes
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HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE Cette histoire est authentique, aussi nous ne vous donnerons pas le nom du héros. Après l’an 1898, quand Chantraine eut son église, celle-ci fut, dès le début, très bien fréquentée par tous les membres de la nouvelle paroisse. On s’habillait le dimanche pour aller à la messe. Les dames allaient de préférence à la petite messe du matin, afin de rentrer tôt au foyer pour préparer le repas dominical, toujours amélioré. Les messieurs allaient plutôt à la grand’messe de 11 heures. A la sortie, on discutait quelque temps sur le parvis. Certains allaient prendre apéro avant de regagner leur logis. C’était encore l’époque de la traction hippomobile, rares étaient les autos. Les villageois de Renauvoid attelaient, qui le char-à-banc, qui le tape-cul pour venir faire leurs dévotions en l’Eglise Saint Pierre Fourier. Seulement, un cheval est un cheval et il obéit aux lois de la nature. Précisons : il laisse choir son crottin là ou il le trouve. Ce crottin qui, abondamment, ornait nos rues au cours de la semaine était peu plus rare le jour du Seigneur. Cette denrée généreusement dispensée par la gent chevaline était une manne appréciée par les jardiniers amateurs et chaque riverain des artères carrossables avait toujours son seau, sa pelle et sa balayette pour récupérer cet engrais idéal, principalement pour la pousse des fraisiers et de leurs fruits succulents ! Or, un beau dimanche de Mai, remontant la route de Bains, après l’office, endimanché comme il se doit, avec gants, canne et chapeau melon, un bon paroissien, amateur de fumure chevaline, aperçoit au bord de la route un magnifique tas de boulettes odorantes et encore fumantes, laissées par un cheval de Renauvoid. Las, le matériel adéquat de récupération se trouve à la maison, encore éloignée de plusieurs centaines de mètres. C’est cornélien ! Ou abandonner, ou courir à la maison, se changer et revenir avec le seau et risquer qu’au retour ici, la marchandise ait été recueillie par un autre connaisseur. Eh ! bien ! Notre homme réfléchit vite et prend une sublime décision. Il enlève ses gants, pose sa canne sur le sol, enlève son melon et à pleines mains, le voilà qui ramasse la précieuse denrée et la dépose dans son couvre-chef ! Ouf ! C’est fait ! Il reprend sa canne et chapeau et rentre dignement chez lui. Il y a toujours des chevaux à Chantraine, ce sont ceux du club hippique du ravin d’Olima. Cette écurie vaut bien une visite et si vous cultivez des fraisiers…n’oubliez pas votre chapeau !
LE PERE HONORE Honoré Bourdeleau, dit le père Honoré fût avec le père Blanchard et le père Coste, un des derniers cochers de fiacre d’Epinal.
Sur un bout de rue sans issue, elle vendit ses lots à batir mais d’un coté seulement de cette nouvelle voie. Voie sans nom que les Chantrainois appelèrent logiquement et spontanément : rue Schubert Les clauses de vente étaient curieuses : les acquéreurs devraient bâtir leur maison d’un coté de la rue avec un jardinet, mais l’autre coté de la voie ne devrait supporter aucune construction. D’autre part, ils ne pourraient installer aucun commerce ou industrie bruyants ou contraire aux bonnes mœurs ni aucun établissement susceptible d’incommoder les voisins, soit par le bruit, soit par l’odeur, soit par la fumée. C’étaient draconien, cependant chacun s’y conforma et tout se passa bien, jusqu’au jour où les habitants de ce nouveau quartier émirent des plaintes sur le non-respect des clauses acceptées par tous. Ils protestaient contre les bruits matinaux et vespéraux faits par le cheval et la voiture d’un bien brave homme : Eugène, dit Honoré Bourdeleau, artisan cocher de fiacre de son état. L’honoré se défendit bien en argumentant qu’il n’exerçait pas son métier en ce lieu, mais à Epinal, soit devant la gare du chemin de fer, soit sur le quai des bons-enfants. On lui reprocha alors, la forte odeur de son cheval et du crottin ! Tout bien considéré, les bruits ne duraient que peu de temps matin et soir et les odeurs émises par le cheval étaient naturelles. Les locomotives à vapeur circulant sur la voie ferrée toute proche faisaient bien plus de bruit et leurs fumées étaient plus malodorantes que celle du cheval.
Quels sont donc ses Treize cantons ?
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